Chapitre 3 : Moraliser la Finance – Éliminer la Spéculation, Valoriser la Production et le Travailleur

Introduction : Une Finance Détournée

Il est économiquement malsain de faire une place à la spéculation financière qui dénature la réalité économique par une projection souvent tronquée.

Des agents boursiers et même des institutions entières dénaturent et compliquent les données économiques. Ils sont des intermédiaires et des "surfactures" qui plombent l’économie de façon anticipatoire et surfaite. Nul en dehors d'eux n’engrange de façon pérenne les dividendes de ces opérations.

Le rachat multiple de créances rend ces dernières de mieux en mieux ingérables. Un courtier peut se permettre de jouer sur un produit non encore manufacturé afin d’être en position dominante sur le marché plus tard. La thésaurisation est néfaste.

Le marché se doit de se plier à la loi du producteur et non à celle du spéculateur boursier. Ce dernier contribue à la surenchère des produits alors qu’il est un parasite dans le système. Tout au plus doit-il être un facilitateur.

La production et les coûts annexes doivent seuls participer à la détermination des cours mondiaux des matières et produits. Ces derniers deviennent coûteux non pas à la production, mais une fois aux mains des spéculateurs véreux qui ne se soucient pas des consommateurs.

Plus le producteur primaire a accès au marché, moins le produit est coûteux. Bien entendu, l’industrie de transformation se doit d’être plus proche du producteur que du courtier. L’ordre des priorités s’inverse.

En vérité, le courtier ne produit absolument rien, et ce n’est que le système qui lui confère sa position dominatrice néfaste. Le système, on le change.

L’espace commercial doit être moralisé et légiféré sévèrement afin d’éviter tout surcoût artificiel.

La production détermine les prix, puis les flux financiers. Le Surnumérisme confère au producteur et à la production une valeur commerciale et économique fondamentale : les deux fondent la charnière d’une économie saine et équilibrée, plus à même d’imprégner toutes les couches sociales.

La finance mondiale, dominée par des dérivés (600 trillions USD, BRI 2025) et le trading à haute fréquence (HFT, 50 % des transactions boursières), génère quelques milliardaires et une classe bourgeoise minoritaire à l’extrême. Le Surnumérisme la réoriente pour accompagner le travail humain.

L’État

Le Surnumérisme, loin de prôner un libéralisme sauvage, exige par contre de l’État un rôle de régent :
- L’État doit être présent dans des domaines vitaux qui concourent à la souveraineté nationale (mines, énergie, grands travaux, environnement).
- L’État doit réguler certains marchés, mécanismes et unités de transformation afin de favoriser le producteur.
- Surtout, l’État doit tenir en main toute l’institution surnumérienne : la perception des impôts surnuméraires, la SurnBank, et les instituts d’investissement dédiés au SystèmeSurn.

Le Travailleur

Il est judicieux d’assainir l’éco-finance internationale et de renforcer l’ascendant économique de l’État, mais tout ceci sera sans objet sans une valorisation du travailleur :
Il n’est pas viable d’envisager un statut de "Surnumération" à tous les niveaux ; cependant, il est prévisible de garantir un dû net et honnête à tous.

Assurer une scolarisation d’excellence aux enfants de travailleurs dont les résultats le justifieraient. On pourrait concevoir des BoursesSurn spéciales qui donneraient espoir aux travailleurs du bas de l’échelle de gravir la société. Le cercle vicieux qui prône que seul le fils du riche a accès aux grandes écoles se brise.

Les FondSurn alimenteraient ces bourses en partie. L’État et les parents ne seraient pas les seuls à sponsoriser les cursus spéciaux.

Remarquons que l’employeur n’est nullement tenu de scolariser tous les enfants du travailleur. Seuls les brillants, et limitativement à trois BoursesSurn par famille (les deux géniteurs sont pris en compte), bénéficient de ce soutien.

Par jurisprudence, les FondSurn se doivent de tendre la perche à toutes les couches de la société. C’est la rétribution de l’excellence.

Ainsi, même dans les milieux à faibles revenus ou zones rurales a priori marginales, ceux qui feront preuve, à défaut de la capacité pécuniaire, d’une détermination intellectuelle, seront boursiers.

Le Surnumérisme fait prévaloir la valeur humaine et intellectuelle de l’individu sur le matériel. Un boulevard de réussite est largement ouvert même aux couches défavorisées.

Mécanismes Anti-Spéculation

  1. Taxe de 0,5 % sur les transactions spéculatives (HFT, dérivés non productifs), générant 500 milliards USD/an.
  2. Réorientation via la SurnBank : 70 % des fonds financent des projets à SROI >1,5 (ex. : écoles numériques, usines vertes).
  3. Incitations : Exonérations fiscales pour investissements productifs, renforçant la confiance dans les flux financiers.

Étude de Cas : Alibaba (2035)

Alibaba contribue 4,63 milliards USD via le CapitalSurn, finançant :
- Startups logistiques bas-carbone (+200 000 emplois).
- Formation en IA (1 million de jeunes).
- Cliniques en Mongolie.

Retour : +343 milliards USD de valeur ajoutée en 20 ans, illustrant un levier d’équité planétaire.

Contre-Arguments

  • Désincitation : Compensée par exonérations et labels éthiques.
  • Complexité : Réduite par IA et blockchain.
  • Inégalités : Atténuées par formations universelles.

Conclusion

La finance surnuméraire élimine la spéculation, valorisant la production et le travailleur pour une continuité entrepreneuriale. Le chapitre suivant détaille la SurnBank.